La médisance, la calomnie et rapporter les paroles pour semer la discorde
Allah ta^ala dit ce qui signifie : « Pas une parole qu'il prononce sans que soit auprès de lui Raqib et ^Atid ».
Dans cette 'ayah, il y a une preuve que tout ce que l'homme prononce en bien ou en mal est noté par deux anges, l'un nommé Raqib et l'autre ^Atid. Il convient que l'homme raisonnable garde sa langue de tout ce qui est mauvais. Parmi les mauvaises choses, il y a la médisance, la calomnie et rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde. Elles font partie des péchés de la langue et constituent des comportements blâmables.
Il a été rapporté qu'un des compagnons s'est adressé à sa langue et lui a dit : « Ô langue, dis du bien et tu gagneras et abstiens-toi de dire du mal
et tu seras sauvée avant de le regretter ; j'ai entendu le Messager de Allah
dire :
[rapporté par At-Tabaraniyy] ce qui signifie : « La plupart des péchés du fils de 'Adam provient de sa langue ».
1 - La médisance (al-ghibah): c'est le fait de mentionner le musulman
en son absence en citant ce qui lui déplaît des choses qui sont en lui. Ainsi, si quelqu'un dit d'un musulman de petite taille en son absence : « Untel est
petit », alors que cette personne n'aime pas que l'on dise cela d'elle, cela fait partie de la médisance interdite que le Messager de Allah
nous a défendu de faire.
Allah ta^ala dit : [sourat Al-Houjourat /12] ce qui signifie : « ... Ne faites pas de médisance les uns envers les autres ... ».
2 - La calomnie (al-bouhtan) : c'est mentionner le musulman par ce qui lui déplaît et qui n'est pas en lui. Le crime de ce péché est plus grave que celui de la médisance.
Le Messager de Allah
en s'adressant
à certains compagnons a dit :
ce qui signifie : « Savez-vous ce qu'est la médisance ? » Ils dirent : « Allah et Son Messager savent plus ». Il dit alors :
ce qui signifie : « C'est mentionner ton frère par ce qui lui déplaît ». Ils dirent :« Et si cela est vraiment en lui ? » Il dit :
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Si ce que tu dis est en lui, tu as commis la médisance à son propos et si cela n'est pas en lui, tu l'as certes calomnié ».
Celui qui écoute la médisance interdite est tombé dans un des péchés de l'oreille et c'est son devoir de l'empêcher.
3 - Rapporter la parole des uns aux autres pour semer la discorde (an-namimah) : c'est colporter les propos des gens les uns aux autres dans le but de semer la discorde entre eux, comme par exemple colporter des paroles afin de séparer deux personnes qui s'aiment pour corrompre leur relation, entraîner la rupture ou l'animosité entre eux.
Allah tabaraka wa ta^ala dit :
[sourat Al-Qalam / 11] ce qui signifie : «... grand diffamateur, qui va en colportant pour semer la discorde ».
Le Messager de Allah
a
dit :[rapporté par Al-Boukhariyy] ce qui signifie : « N'entre pas au paradis parmi les premiers celui qui rapporte les propos pour semer la
discorde ». Celui qui rapporte les propos pour semer la discorde est celui qui commet an-namimah. Ce hadith signifie qu'il n'entre pas
parmi les premiers au paradis, mais seulement après avoir reçu le châtiment qu'il mérite dans le feu de l'enfer.
L'orgueil, l'animosité et l'envie
L'orgueil, l'animosité et l'envie
L'orgueil, l'animosité et l'envie font partie des péchés du cœur, ce sont des comportements blâmables, qui échappent à beaucoup de gens faute d'avoir appris en quoi ils consistent et comment faire pour les éviter.
L'orgueil : c'est le refus de la vérité énoncée par quelqu'un d'autre et le mépris des gens.
Le Prophète
a dit :
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « L'orgueil c'est refuser la vérité et mépriser les gens ».
Refuser la vérité signifie : la rejeter et ne pas l'accepter de celui qui l'a énoncée. Mépriser les gens signifie : les considérer iinférieurs à soi. On comprend de ce hadith que l'orgueil consiste à refuser la vérité énoncée par autrui en sachant qu'il a raison, soit parce qu'il est jeune, pauvre, élève ou faible. Mépriser les gens signifie les dédaigner, par exemple en faisant preuve d'orgueil à l'égard d'un pauvre et en le regardant d'un regard rabaissant, en l'évitant par fierté ou en lui adressant la parole d'une manière hautaine.
L'animosité : c'est cacher une hostilité envers un musulman, en agissant en conséquence et sans détester ce sentiment.
Le Prophète
a dit :
[rapporté par Ibnou Hibban et Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Celui qui désire échapper à l'enfer et entrer au Paradis, qu'il fasse en sorte de mourir en ayant la croyance en Allah et au jour dernier et qu'il agisse envers les gens comme il aimerait qu'on agisse envers lui ».
L'envie : c'est qu'une personne déteste un bienfait que Allah a accordé à un musulman, que ce soit un bienfait de la religion ou de ce bas-monde, en espérant qu'il lui soit retiré et en ne supportant pas cela. Cela devient un péché si on ne déteste pas ce sentiment, c'est-à-dire si on ne ressent pas d'abjection envers cela en contredisant son âme, et si on agit en conséquence. Donc, si on le déteste et qu'on n'agit pas en conséquence, on ne se charge pas de péché.
Le mensonge
Le mensonge
Le mensonge fait partie des péchés de la langue et c'est dire une chose contraire à la réalité, délibérément, c'est-à-dire en sachant que l'information qu'il donne est contraire à la réalité. Le
mensonge est interdit, que ce soit en étant sérieux ou en plaisantant. Certes, le Prophète
a
dit : [rapporté par Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Le mensonge n'est
sain ni en étant sérieux, ni en plaisantant ».
Il a dit aussi
:[rapporté par Ibnou Majah] ce qui signifie : « Prends garde au mensonge car le mensonge mène à la débauche et la
débauche mène à l'enfer. L'homme ne cesse de mentir et de chercher à mentir jusqu'à ce qu'il soit inscrit selon le jugement de Allah en
tant que menteur ».
Beaucoup de choses relevant des péchés de la langue entrent dans la catégorie du mensonge comme le serment mensonger, le faux témoignage et attribuer mensongèrement des paroles à Allah et à Son messager.
1- Le serment mensonger : c'est un grand péché. Par exemple lorsque quelqu'un jure par Allah tabaraka wa ta^ala quelque chose qui est contraire à la réalité. Il dit : « Je jure par Allah que j'ai fait telle chose » alors qu'il ne l'a pas faite, ou « Je jure par Allah que je n'ai pas fait cette chose » alors qu'il l'a faite. Cela fait partie du manque de glorification envers Allah ta^ala.
2- Le faux témoignage : Faux signifie ici mensonger. Le faux témoignage compte parmi les plus grands des grands péchés, comme lorsqu'une personne témoigne auprès du juge que Untel a volé alors que c'est un mensonge.
Le Prophète
a dit : [rapporté par Al-Bayhaqiyy] ce qui signifie : « Le faux témoignage est comparable à l'association à
Allah », c'est-à-dire qu'il lui ressemble du point de vue de la gravité du péché qui en résulte. Cependant, cela ne
signifie pas que celui qui le commet sort de l'Islam, mais cela signifie qu'il a commis un très grand péché.
3- Attribuer mensongèrement des paroles à Allah et à Son messager : Cela fait partie des grands péchés.
Allah ta^ala dit : [sourat Az-Zoumar / 60] ce qui signifie : « Le jour du jugement, tu verras ceux qui ont menti au sujet de Allah, le visage noirci ... »
.
Attribuer mensongèrement des paroles à Allah, c'est qu'une personne dise par exemple : « Allah a créé dans tel endroit une montagne d'or », alors qu'une telle montagne n'existe pas à cet endroit. Ceci est contraire à la
réalité, tout en sachant que Allah est tout à fait capable de la créer. Quant au fait d'attribuer mensongèrement des paroles au
Messager
c'est par exemple faire dire mensongèrement au Messager de Allah
une parole qu'il n'a pas dite. Le Messager de
Allah
a dit :
[rapporté par Mouslim] ce qui signifie : « Certes m'attribuer des paroles mensongèrement n'est pas comme attribuer des paroles mensongèrement à qulqu'un d'autre et celui qui m'attribue des paroles mensongèrement délibérément, qu'il prenne sa place en enfer ».
Il y a des attributions mensongères de paroles à Allah qui aboutissent à la mécréance. C'est par exemple attribuer à Allah le fait de rendre licite ce qu'Il interdit dans Sa Loi, ou de rendre interdit ce qu'Il rend licite dans Sa Loi, tout en sachant que la réalité est différente de ce qui est dit.